Au Texas Hold’em, il est très courant de se retrouver dans ce genre de situation : avoir une main potentiellement forte qui a besoin d’une autre carte spécifique pour aboutir. On appelle cela une « main à tirage » ; vous avez besoin qu’une carte précise ou qu’un type de carte précis soit retourné.
Ces mains peuvent être difficiles à jouer, surtout si vous êtes confronté à des mises et des relances et que vous devez prendre la décision de suivre ou de vous coucher. Mais après avoir lu cet article, vous allez comprendre comment jouer les mains à tirage et pourrez décider sans problème de vous coucher ou de suivre au bon moment.
Les tirages à couleur et à suite
Les mains à tirage les plus courantes sont les tirages à couleur et à suite. Lorsque vous jouez une main à tirage, vous devez évaluer la probabilité que vous avez d’obtenir la carte qui vous manque avec la prochaine carte retournée. Pour cela, vous allez devoir compter le nombre « d’outs » que vous avez.
Que sont les outs ?
Les « outs » sont les cartes dont vous avez besoin pour compléter votre tirage. Par exemple, si vous avez un tirage à couleur carreau, n’importe quel carreau est un « out » pour vous. Plus vous avez d’outs, plus la probabilité de compléter la main avec la prochaine carte retournée est grande.
Un out est simplement une carte de la pile qui vous permet de compléter votre main à tirage.
Dans un tirage à couleur carreau type (ou n’importe quelle autre couleur) on a au total 9 outs, puisque vos cartes fermées sont deux carreaux et qu’il y a deux autres carreaux au flop. Il y a au total 13 carreaux dans un jeu, ce qui signifie qu’il en reste 9 qui nous intéressent.
Pour calculer le nombre d’outs et la probabilité de compléter un tirage à suite, on procèdera de la même manière. La différence c’est qu’il existe deux degrés de tirages à suite, le tirage ventral et le tirage ouvert. Avec un tirage à suite ouvert, vous avez besoin soit de la première carte de la suite, soit de la dernière pour compléter la main.
Exemple de différents tirages à suite
Si on a 7
8
et un tableau As 5
6
, un 4 ou un 9 nous sont utiles pour compléter le tirage. Pour un tirage ventral, on recherchera une carte au milieu de la suite pour compléter la main. Par exemple, si on a de nouveau 7
8c
, mais que le tableau est A
5
4
, un 6 doit être retourné pour nous donner la suite.
Un tirage à suite ouvert a 2 outs, alors qu’un tirage à suite ventral n’en a qu’un. Le tirage à suite ventral est donc plus difficile à obtenir.
Avec un tirage à suite ouvert on a donc 8 outs (quatre 4 et quatre 9), alors qu’avec un tirage à suite ventral on a 4 outs (quatre 6). Vous voyez donc bien que l’on a plus de chances de compléter un tirage à suite ouvert avec la prochaine carte, qu’un tirage à suite ventral.
Comment utiliser le nombre d’outs ?
Comme on le sait déjà, plus on a d’outs, mieux c’est, puisque cela signifie que l’on a plus de chances d’obtenir notre main. Connaître le nombre d’outs se révèle très utile pour calculer la cote que l’on a de remporter la main. Cette cote nous permet de déterminer si cela vaut ou non la peine de suivre une mise d’une certaine taille pour essayer d’obtenir notre tirage.
Je vous préviens, la deuxième partie de cet article comprend pas mal de maths, mais croyez-mois, ce n’est pas aussi compliqué que ça en a l’air !
Suivre ou se coucher ? La décision par le calcul
On peut utiliser le nombre d’outs pour calculer notre probabilité de remporter la main en les comparant au nombre de cartes de la pile qui ne nous intéressent pas. Si on a un tirage à couleur au flop, 9 outs nous permettent d’obtenir cette couleur au tournant. Il reste 47 cartes dans la pile au total. 9 nous servent et 38 nous sont inutiles.
- 52 moins nos cartes fermées et les cartes du flop (5 au total) = 47.
- 9 cartes de la même couleur qui nous intéressent.
- Les 38 autres ne nous permettent pas de faire notre couleur.
Si l’on exprime maintenant ces chiffres sous la forme d’un rapport entre les cartes que l’on veut et celles dont on ne veut pas, on obtient 38:9. Pour simplifier ce rapport, selon les mathématiques de base, on obtient 4:1. Cela signifie que sur 5 fois, on n’obtiendra rien 4 fois, et on obtiendra notre tirage 1 fois. C’est pour l’instant tout ce qui nous intéresse.
On sait maintenant que la probabilité d’obtenir notre main (et donc de remporter le pot) est de 4:1. On va alors utiliser cette probabilité pour savoir s’il est intéressant ou pas de miser ou de relancer. S’il y a une mise, il faut comparer la taille de la mise et la taille du pot ; cela nous donne la cote du pot
.Utiliser la cote en cas de mise
Disons par exemple, que notre adversaire ait misé 20$, faisant ainsi monter le pot à 100$. On doit suivre avec 20$ pour essayer de remporter 100$. Cela vaut-il vraiment le coup ?
Si on prend le rapport entre la mise et le pot, on obtient 100:20, soit tout simplement 5:1. Notre cote du pot est donc meilleure que notre probabilité d’obtenir nos cartes (4:1). On gagnera plus les fois où l’on obtiendra la main. Vous devez donc suivre. En règle générale, si la cote du pot est meilleure (ou plus élevée) que la probabilité d’obtenir les cartes, il faut suivre, car le coup est plus rentable à la longue. Si la cote du pot est plus importante que la probabilité de compléter le tirage (à partir des outs), vous devez suivre.
La cote et les probabilités changent constamment selon le type de tirage et la mise de l’adversaire. Bien que cela puisse paraître un peu compliqué et difficile à première vue, vous allez vite comprendre le principe, surtout si vous l’utilisez fréquemment. Vous vous dites peut-être qu’apprendre à utiliser la cote est un effort qui n’en vaut pas la chandelle. Mais vous verrez, savoir quand suivre et quand se coucher avec un tirage, c’est franchement génial !
Dans cet article nous avons vu comment jouer les tirages passivement, pour essayer de voir la carte suivante en dépensant le moins possible. Lisez l’article sur jouer des mains à tirage agressivement pour découvrir des alternatives rentables pour jouer les mains à tirage.
