Le « squeeze play » est un move avancé que l'on peut faire (généralement pré-flop) dans les parties d'argent, comme dans les tournois. Ce coup peut être vraiment redoutable, mais doit être utilisé avec prudence.
Qu'est-ce que le squeeze play ?
Le squeeze play c'est quand vous remarquez qu'un joueur loose relance depuis une position hâtive et qu'un autre joueur suit cette relance avant vous. Vous faites ensuite une grosse sur-relance et vous remportez le pot.
En d'autres termes, vous profitez du relanceur loose et du joueur qui pensait pouvoir s'en sortir en suivant la relance loose avec une main plus faible que la gamme de mains avec lesquelles il aurait normalement suivit.
- Le relanceur loose ne peut pas suivre parce qu'il a certainement relancé avec une main faible.
- Et le suiveur non plus parce qu'il a suivi la première relance en ayant lui aussi une main faible.
Vous voyez comment ça marche ? Je vais vous expliquer un peu plus en détail le squeeze play dans la suite de l'article.
Comment faire un bon squeeze play ?
Exécuter un bon squeeze play au poker dépend uniquement de la situation, et pas des cartes.
Pour faire ce coup, vous devez être capable de bien lire les situations ; autrement vous pourriez vous en mordre les doigts. Il faut donc bien savoir comment utiliser le coup avant de le faire et éviter les tentatives hésitantes.
Exemple de squeeze play
Prenons une situation typique pour un squeeze play : un joueur loose agressif ouvre avec une relance pré-flop. Un autre joueur suit cette relance et c'est à vous de jouer. À ce moment-là vous faites une sur-relance (ou directement tapis), ce qui pousse le relanceur initial et le suiveur à se coucher. Vous avez remporté le pot ! Le scenario de base est le suivant :
Joueur A : Relance
Joueur B : Suit
Joueur C : Sur-relance à tapis
Joueurs A + B : se couchent
Joueur C : gagne
Il y a d'autres joueurs à la table, mais pour les besoins de l'exemple, on imagine qu'ils ont abandonné le coup avant ou après la relance du joueur A.
- Exemple et historique de main avec un squeeze play.
Tournoi STT de No Limit Hold'em ? blinds à 50t/100t - 6 joueurs
SB: 2 000t
Héro (BB) : 1 400t
UTG : 2 000t
MP : 2 000t (joueur loose agressif)
CO : 2 600t
BTN : 2 000t
Pré Flop : (150t) Le héro est en BB avec J
T
1 se couche, MP relance de 300t, CO suit 300t, 2 se couche, le héro relance à tapis 1 400t, MP + CO se couchent.
Le squeeze play dans les parties d'argent et dans les tournois avec un tapis profond
Lorsque vous faites un squeeze play dans une partie d'argent, ou dans les premières étapes d'un tournoi, vous aurez un tapis profond ; faire tapis n'est donc pas vraiment une bonne idée. Mais vous pouvez quand même réussir ce coup si vous savez bien lire vos adversaires.
4 fois la taille de la relance initiale est une bonne règle d'or pour la taille de votre sur-relance, pour faire un squeeze play. Soyez simplement sûr de faire le coup avec des mains qui ont du potentiel (des connecteurs assortis par exemple) au cas où un joueur déciderait de vous suivre.
Si votre jeu post-flop n'est pas fantastique, évitez directement de tenter un squeeze play dans une partie d'argent ou avec un tapis profond en tournoi.
Pourquoi le squeeze play fonctionne-t-il ?
L'efficacité du squeeze play relève de l'image du joueur A à la table.
Le joueur B sait que le joueur A relance beaucoup pré-flop, ce qui signifie qu'il est peu probable qu'il ait une main prémium. B pense donc qu'il peut se permettre de suivre cette relance en ayant lui aussi une main médiocre (puisque son jeu est peut-être meilleur et étant donné qu'il est en position par rapport au joueur A).
Le deuxième joueur suit la relance initiale parce qu'il sait que le relanceur loose a très peu de chances d'avoir une bonne main.
Mais quand c'est au joueur C de jouer, il sait qu'il est très peu probable qu'aucun des deux joueurs ait une bonne main de départ ; il fait donc tapis et force le joueur A et le joueur B à risquer tous leurs jetons pour des mains médiocres ou à se coucher. Le joueur A se couche parce que ses cartes ne lui permettent que de relancer et pas de se suivre, et le joueur B se couche parce qu'en suivant la relance du joueur A il voulait simplement aller voir le flop.
Le joueur A se couche parce qu'il a relancé avec une main faible et le joueur B parce qu'il a suivi avec une main elle-aussi médiocre, en pensant avoir une meilleure main que le joueur A.
Comme vous pouvez le voir, les cartes du joueur C n'ont rien à voir avec l'issue du coup. Le move a fonctionné parce que le joueur C a été capable de bien lire la situation et d'agir en conséquence. Mais avant que vous ne pensiez « c'est vraiment simple », je dois vous prévenir que d'autres facteurs interviennent dans ce coup.
Conseils pour utiliser le squeeze play
Lectures des autres joueurs
Vous devez avoir une bonne lecture non seulement des joueurs qui font la relance et le call, mais aussi des joueurs qui parleront après vous. Vous devez être bien sûr qu'un autre joueur après vous ne va pas vous suivre à tapis. Sinon, vous allez être dans de sales draps.
C'est pour cette raison qu'il est bien plus facile de faire ce coup quand on est en position tardive, vu qu'il est moins probable qu'un autre joueur apparaisse avec une main prémium. En limitant au possible le nombre de joueurs assis après vous, vous augmentez vos chances de succès.
Image à la table
Votre propre image à la table est essentielle. Si vous avez participé à plein de pots et que vous n'avez pas beaucoup joué, vous n'êtes pas dans une position favorable pour faire un squeeze play au Texas Hold'em. L'idée est de laisser croire à vos adversaires que vous avez une grosse main pour les pousser à se coucher.
Donc si vos adversaires ont remarqué que vous intervenez dans les mains avec des cartes marginales, votre crédibilité s'en ressentira et ils auront tendance à vous suivre. Le coup fonctionnera mieux si vous l'utilisez quand vous avez une image tight à la table.
La taille de votre sur-relance
Autre facteur important : la taille de votre sur-relance. La sur-relance doit être suffisamment grande pour pousser vos deux adversaires à se coucher ; c'est d'ailleurs pour cela que cette relance est généralement à tapis.
Votre sur-relance est plus efficace à tapis (tant que vous n'avez pas un tapis profond).
Si vous avez un petit tapis et que la taille de votre all-in ne sera que 2 ou 3 fois la relance d'origine, il est très peu probable que les deux joueurs précédents se couchent, puisque vous leur donnez la cote suffisante pour suivre avec pratiquement n'importe quelle main. N'oubliez pas : votre all-in doit être au moins 5 fois la taille de la relance d'origine pour que le coup fonctionne.
Un dernier point
Un élément essentiel à rappeler est que l'ensemble total des blinds et des relances doit valoir la peine. Dans les premières étapes d'un MTT, vous n'avez aucun intérêt à faire un squeeze play. Vous risqueriez votre vie dans le tournoi pour un pot ridicule.
La taille du pot doit donc être suffisamment grande pour que cela vaille la peine d'entrer dans la danse, mais suffisamment petite pour que vos adversaires n'aient pas envie de suivre votre relance à tapis.
Le squeeze play : évaluation
Le succès du squeeze play dépend de la précision de vos lectures des adversaires.
Les ingrédients nécessaires pour que le coup fonctionne sont : un relanceur loose, un suiveur loose et un all-in puissant. Ce move sera un outil solide très utile dans votre jeu, mais utilisez-le avec parcimonie pour maintenir toute sa crédibilité.
Souvenez-vous que la réaction anticipée de votre jeu doit être aussi forte que la crédibilité de votre réaction par rapport au jeu de vos adversaires. Je vous laisse méditer tout cela.
